Les
informations que vous trouverez dans cette page sont issues du « guide
des aidants » édité par l’association
Alzheimer Europe :
ACCOMPAGNER L’ENTREE
EN ETABLISSEMENT
S’occuper de l’entrée en établissement
de la personne malade
1. Discutez la question du séjour en établissement
de soins bien à l’avance
Il vaut mieux envisager à l’avance la possibilité qu’un
jour ou l’autre vous ne serez plus en mesure de soigner la
personne à domicile. Essayez de discuter cette question
avec la personne concernée à un stade de la maladie,
où elle peut le mieux comprendre et communiquer. Vous devriez également
inclure la famille dans cette décision, peut-être
au cours d’une réunion de famille.
2. Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir
Vous
ne devriez pas affirmer de façon catégorique
que vous ne tolérerez jamais le départ de la personne
malade dans un établissement de soins. Elle peut un jour
avoir besoin d’une présence constante si elle ne supporte
pas de passer les nuits seule à son domicile, ou bien sa
déambulation permanente dépassera la tolérance
familiale, ou bien encore il lui faut désormais un environnement
médicalisé nuit et jour. Bien sûr, il vous
est difficile de ne pas vous engager quand la personne vous réclame
de lui promettre que vous vous occuperez toujours d’elle à domicile.
Dans ce cas-là, essayez de la rassurer en lui disant que
vous vous arrangerez et que vous ne l’abandonnerez pas, et
répondez à son inquiétude sans pour autant
vous engager sur l’avenir. De cette façon, vous éviterez
l’angoisse et la culpabilité lorsque le temps sera
effectivement venu d’envisager une entrée en établissement.
3. Renseignez-vous dès que possible sur les différentes
possibilités de soins en établissement et faites
les démarches de préadmission selon vos préférences
La
décision de placer la personne malade dans un établissement
de soins est si difficile que vous aurez tendance à la différer
le plus possible, et même jusqu’au moment où elle
devient inévitable. D’ici là, vous n’aurez
peut-être pas pris le temps de vous renseigner sur les différentes
options, et les choix dont vous disposerez seront plus limités.
C’est pour cette raison qu’il vaut mieux vous renseigner
dès que possible, même si vous pensez que le cas ne
se présentera jamais. Votre médecin et votre association
Alzheimer vous conseilleront selon le type d’établissement
souhaitable pour la personne.
Visitez les divers établissements pour voir comment ils
sont dirigés, pour y rencontrer le personnel et déterminer
ensuite quel endroit serait le mieux adapté. Passez-y une
journée entière, si vous en avez le temps. Il est
pratique d’établir une liste comportant les points à considérer
et les questions à poser. Emportez une liste de contrôle
et prenez quelques notes au cours de la visite, afin de ne rien
laisser échapper ou pour ne pas oublier une chose importante.
Le tableau suivant vous propose un exemple des points à considérer.
4. Aidez et préparez la personne à l’entrée
en établissement de soins
Vous pourrez faciliter pour la
personne malade le passage de la vie à domicile à la vie en établissement.
Même si vous ne savez pas exactement ce qu’elle comprend
en réalité, essayez de lui expliquer ce qui se passe
et de l’impliquer dans la préparation. Elle peut rassembler
ses vêtements, décider du mobilier qu’elle souhaite
emporter avec elle. La transition sera peut-être moins difficile
si elle a déjà fréquenté un foyer de
jour, sinon veillez à ce qu’elle ait visité l’établissement
auparavant. Dans la période suivant son admission, il est
important de lui rendre régulièrement visite, pour
qu’elle comprenne que vous ne l’avez pas abandonnée
et pour vous permettre de voir qu’elle ne se trompe pas à ce
sujet. Des visites régulières forment un lien nouveau
et créent un nouveau rythme. Mais une période d’adaptation
est nécessaire, pendant laquelle vous risquez de constater
une sorte de régression chez la personne et d’être
en butte à des reproches. Par la suite, dites-vous que votre
visite peut toujours être bénéfique, même
si vous avez l’impression que la personne ne vous reconnaît
pas et que vous communiquez difficilement.
5. Essayez de gérer vos propres émotions
La décision de placer la personne dans un établissement
de soins est l’une des plus difficiles à prendre.
Vous pouvez vous sentir coupable et juger que vous n’avez
pas été à la hauteur pour prendre soin d’elle
jusqu’à la fin, et vous pouvez avoir l’impression
de l’abandonner. Mais ayez confiance : ce que vous faites
est vraiment dans l’intérêt de toutes les personnes
concernées. Bien que les débuts soient difficiles,
la personne bénéficiera de soins professionnels vingt-quatre
heures sur vingt-quatre. Vous pouvez lui rendre visite régulièrement,
et avec le temps vous aurez peut-être l’impression
que vos rapports s’améliorent, car vous n’êtes
plus soumis à une tension continue. Vous souffrirez, sans
doute, de voir que la personne est soignée par quelqu’un
d’autre, et vous vous sentirez éventuellement exclu.
Voilà pourquoi il importe de prévoir des visites
régulières et de continuer à rester activement
impliqué dans l’aide, si c’est possible. Vous
pourriez assister à des repas ou en partager, coiffer les
cheveux de la personne, lui donner à boire et l’aider à se
sentir bien. C’est de cette façon que vous pouvez à la
fois aider le personnel et continuer à prendre soin de la
personne malade.
Quelques
points à considérer
pour préparer l'entrée en établissement
Résidents
• Les résidents ont-ils l’air heureux et soigné ?
• Peuvent-ils faire des choix sur des affaires les concernant ?
• Leurs croyances, leurs habitudes et leurs coutumes sont-elles respectées
?
• Les résidents peuvent-ils se déplacer librement à chaque
fois qu’ils le veulent ?
• Que fait-on pour prévenir l’incontinence?
• S’occupe-t-on immédiatement des problèmes d’incontinence?
• Les résidents peuvent-ils garder des animaux de compagnie?
Personnel
• Quel est le nombre de soignants par rapport à celui des résidents
?
• Tous les membres du personnel soignant disposent-ils d’une formation
spécifique ?
• Est-ce qu’il y a assez de personnel pendant la nuit ?
• Quelle est l’attitude du personnel à l’égard
des résidents ?
• Comment respecte- t-on l’individualité et la dignité des
résidents ?
• Quelles sont les pratiques face à des comportements difficiles
?
• Apprécie-t-on ou permet-on l’intervention des aidants ?
• Le personnel répond-il aux questions et comprend-il les inquiétudes
des aidants et des résidents ?
Bâtiment
• Son emplacement permet-il des visites fréquentes ?
• La disposition des lieux permet-elle de se repérer assez facilement
?
• Peut-on personnaliser les chambres ?
• Quel est l’équipement sanitaire ?
• L’accessibilité est-elle complète ?
• Y a-t-il un contrôle des sorties ?
• Y a-t-il un jardin clos ?
Facilités
• Organise-t-on des activités,et si oui encourage-t-on à y
participer ?
• Quelle est la qualité de la nourriture ?
• Un choix entre les aliments est-il possible selon les goûts ?
• Existe-t-il des facilités tant pour la vie privée que pour
la vie sociale ?
• Les heures de visite sont-elles larges et souples ?
• Les visites sont-elles permises à n’importe quelle heure
?
• Les enfants sont-ils admis ?
• Les visiteurs peuvent-ils prendre un repas ? Rester la nuit ?