La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées
touchent des personnes à part entière, c’est-à-dire
des êtres humains responsables, capables de décisions
et ayant un rôle social à jouer, quel que soit le
stade de leur maladie.
Une humanité qui doit rester en permanence à l’esprit
des aidants familiaux et professionnels tout au long de leur accompagnement.
C’est la condition sine qua none pour que la personne malade
puisse conserver son estime de soi et sa dignité, ce qui
est vital pour elle comme pour tout être humain.
Pour que
le malade vive mieux sa maladie, son évolution
et conserve son rôle social, il convient de tout mettre en
oeuvre pour entrer en communication avec lui afin de connaître
ses envies, ses choix, ses besoins… Et de les satisfaire
sans jamais se substituer à lui, ni lui confisquer sa parole
ou sa prise de décision.
Pour y arriver, il faut connaître
la maladie et son évolution
afin de pouvoir anticiper les réactions qui sont parfois
très désarçonnantes et lever les angoisses
qui peuvent rapidement être à l’origine de troubles
du comportement. Mais il faut aussi savoir prendre du recul, conserver
des activités et une vie sociale qui ne soient pas exclusivement
dédiées aux malades.
Pour les familles, cela veut
dire accepter de se faire aider, de faire confiance aux professionnels
et de rechercher des moments
de bonheur et de joie. Pour les professionnels, cela signifie chasser
la crainte naturelle de cette maladie, mettre tout en oeuvre pour
entrer en relation avec les malades afin de répondre à leurs
besoins fondamentaux et savoir garder ses distances tout en leur
prodiguant beaucoup d’affection.
Le développement de la maladie d’Alzheimer entraîne
la disparition progressive de la « mémoire qui sait »,
la mémoire cognitive, au profit de la « mémoire
qui ressent », la mémoire émotionnelle. C’est
pourquoi les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer
sont souvent plus performantes que les autres dans le domaine des émotions
et des sensations. La maladie les entraîne dans un monde
nouveau où les repères dans le temps et dans l’espace
sont différents. C’est pourquoi avec la maladie d’Alzheimer,
rien n’est plus jamais comme avant.
Avec la progression des
lésions cérébrales,
la vie de la personne atteinte n’a plus le même sens,
son environnement devient étrange, étranger, voire
hostile. Elle ne reconnaît pas les choses, ni les lieux,
ni les siens. Elle perd confiance en elle, se met à avoir
peur de l’échec, se dévalorise à ses
propres yeux, devient triste… parfois agitée, agressive
ou même violente.
Les émotions positives sont une condition sine qua non
de la rencontre et de la communication avec le malade pour qu’il
vive bien.
Issu de l’expérience que le docteur Patat a acquise
auprès des malades et de leurs familles et en adéquation
avec les besoins sanitaires, le projet d’accompagnement des
etablissements Parentèles vise avant tout à respecter
la dignité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer
ou de troubles apparentés, quel que soit le stade de leur
maladie et repose sur les émotions positives.
Le projet d'accompagnement des Parentèles a pour objectif
de:
favoriser les repères
développer l'écoute
et l'empathie
encourager la communication et la vie sociale
compenser tous les
déficits et stimuler l'ensemble des facultés
sensorielles
rechercher bien être et plaisir du malade
éviter les troubles
du comportement
soutenir les proches et les aidants familiaux
et les aménagements des établissements sont conçus
pour éviter les troubles du comportement et stimuler les
perceptions sensorielles