Acouphènes : Docteur,
|
![]() |
Près de 5 millions de Français souffrent de bourdonnements, sifflements qui hantent surtout leurs nuits… De mystérieux désagréments auditifs qui laissent bien perplexe la science, quelque peu démunis les médecins et surtout très inquiets ceux qui en sont affectés. À l’instar d’André, un jeune retraité de soixante-trois ans qui raconte entendre depuis quelques mois « comme un souffle permanent, une sorte de chuintement » qui l’empêche de dormir la nuit. |
Parviendra-t-il comme la plupart des personnes qui se plaignent d’acouphènes à s’en accommoder ? Ou fera –t-il partie des malheureuses 500 000 d’entre elles, pour qui l’acouphène, ce bourdonnement ou ce sifflement insupportable, devient un véritable cauchemar, une souffrance à se taper la tête contre les murs ? Les médecins ORL confrontés à une forte demande de consultations pour ce motif s’avouent bien dépourvus lorsqu’il s’agit de soulager les patients qui se plaignent de gêne réelle parfois même handicapante. Et c’est le plus souvent insatisfait que les patients sortent des cabinets médicaux. Il leur faut savoir faire preuve de patience. En attendant que leur cerveau s’habitue. L’évolution classique de l’acouphène, c’est en effet ce que l’on appelle l’habituation.
En bruit de fond, d’autres maladies
Ce « mécanisme de défense » s’installe d’autant plus facilement que le patient est confiant, qu’il est rassuré par le diagnostic qui a été posé. Certaines personnes, de nature inquiète, anxieuse ou plus simplement fatiguées peuvent avoir beaucoup de mal à s’habituer. D’autant plus que certaines craintes confuses planent autour du diagnostic. Ces bruits en cachent-ils d’autres? Sont-ils la manifestation de quelque chose de plus grave ? C’est malheureusement parfois vrai. Les acouphènes peuvent révéler certaines maladies de l’oreille interne, un dérèglement de la pression des liquides de l’oreille interne voire, mais cela est beaucoup plus exceptionnel, une tumeur du cerveau… Aussi, pour écarter toutes ces pathologies, les médecins prescrivent généralement un bilan complet. Dans les cas –rares- où l’origine de l'acouphène est clairement identifiée (maladie de l'oreille, problème endocrinien.....), le traitement de la cause conduira à la guérison de l'acouphène ou au moins à sa diminution.
De la thérapie cognitive à la prothèse
Quand la cause n'est pas clairement identifiée - c'est le cas
le plus fréquent, il est tout de même possible d'intervenir
efficacement sur un acouphène gênant qui résiste
plus de six mois à l'habituation par une thérapie cognitive;
le soignant instaure avec le patient — et son cerveau — un
jeu psychologique subtil pour l’inciter à « oublier » ce
bruit de fond intolérable. Première étape : il le
rassure. Deuxième étape : il identifie avec lui tous les événements
qui aggravent les symptômes de son acouphène, comme la fatigue,
le stress, l’angoisse, les soucis professionnels ou familiaux.
Cette thérapie cognitive incite le cerveau à trier les
bruits. Ce qu’il parvient à faire le plus souvent. Ceux
qui travaillent ou vivent dans des milieux bruyants l’expérimentent
régulièrement: ils en arrivent à oublier complètement
le bruit persistant produit par la climatisation, un brouhaha ou, plus
subtil mais tout aussi pervers, le ronflement d’un ordinateur.
Si les acouphènes résistent à toutes thérapeutiques
(certains médicaments peuvent soulager), il s’agit d’acouphènes
installés, mémorisés. Reste alors les prothèses
auditives. Lorsque le patient souffre de baisse de l’audition (voir
encadré), la prothèse aura un double effet : mieux faire
entendre et redonner un « bain sonore » au patient, une sorte
de bruit de fond qui viendra en compétition avec l’acouphène.
Dans la journée, avec le bruit ambiant, ce type de technique est
efficace - le patient à autre chose à entendre que l’acouphène-
mais le soir, dans une ambiance plus calme, la gêne réapparaît.
Il faut donc éviter le silence et les endroits calmes. Un problème
que certains parviennent à régler en lisant avec un fond
musical sonore, ou en laissant la télévision allumée.
Pour en savoir plus :
FRANCE ACOUPHÈNES
aide-conseils@france-acouphenes.org
Parmi les Français malentendants en France :
Le saviez-vous ?
Le 0 dB n'existe que dans le vide absolu là où les sons
ne peuvent se propager.
Le bruit le plus violent de l'histoire a été enregistré sur
l'île de Krakatoa le 26 août 1883 lors de l'explosion de
son volcan. Le bruit a été entendu à 5000 Km à la
ronde.
Cet article vous est proposé par le Groupe Seniors Santé
www.seniors-sante.com,
résidences retraite médicalisées